Créations & Témoignages

Les participants partagent leur expérience d’ateliers d’écriture (leurs découvertes, ressentis, processus d’écriture, ce qu’ils ont apprécié, ce que l’atelier leur a apporté…)





J’ai découvert l’atelier au hasard sur Instagram. Cela faisait un moment que je voulais tenter l’expérience. Après quelques échanges et une visite sur le site, j’ai été convaincue ! Il n’y pas de hasard dans la vie 😉

Clairement, je pense que tout le monde devrait essayer au cours de sa vie. Ecrivain ou pas !

Pour quoi le faire avec Julie ?

– Je me suis sentie à l’aise, dès le départ.
– J’ai découvert une autre manière d’écrire.
– J’ai appris comment trouver de l’inspiration ! Je n’y aurais jamais pensé…
– La Visio est un plus car je suis « perdue » en pleine campagne.
– Les retours de Julie sont constructifs. J’ai pris beaucoup de notes !
– Passé le trac de parler avec d’autres « étudiantes » j’ai pris plaisir à partager,
– J’ai adoré découvrir les textes, les idées et les retours des étudiantes.
– J’ai appris beaucoup de ces échanges, notamment à VOIR un tableau dans son ensemble.

Je repars avec deux textes qui vont évoluer et me servir et pleins d’idées en têtes pour en écrire d’autres.

Il est clair que j’ai pris goût à ce « travail » et que j’y reviendrais.
En plus, elle propose des thèmes…

Tout est là, alors foncez !


J’ai beaucoup appris lors de l’atelier avec Julie Abécassis. Ces réflexions étaient pertinentes, dénudés de jugement de valeur sur la nature du texte ou sur le style. Julie souligne habillement nos points forts pour nous donner envie de les mettre encore davantage en valeur.


J’aime beaucoup ces ateliers ouvert à toutes les formes d’écritures et qui stimule la créativité. Julie est très bienveillante et permet une expression sans tabou. Les participants et participantes, sont très talentueux, aussi. En visio, ça marche très bien : Ecoute, échanges, découvertes.





Vivaldi était un génie. Personne n’a jamais pu peindre avec des notes comme lui l’a fait. Dans ses concertos des Quatre Saisons, les notes décrivent ce qu’il voit tel un paysage peint sur une toile, et les rythmes leur donnent vie. Les contrastes créent du mouvement, explorent toutes les facettes d’une saison. Dans le premier mouvement du concerto dédié à l’été, Vivaldi joue particulièrement avec cet effet de contraste. Certains passages sont plus lents. Ils évoquent le calme, l’harmonie, l’épanouissement de la nature. On se représente facilement ce champ au soleil, que l’innocence de l’enfance nous donne envie de traverser en courant, et ce ciel bleu. On ressent les rayons du soleil, toute cette lumière qui s’intériorise en nous comme par chaque pore de notre peau. Bien que Vivaldi n’ait pas cherché à les imiter, on voit les oiseaux dans le ciel, volant par-dessus toutes sortes d’animaux paisibles. Et c’est un calme, un profond sentiment de bien-être qui s’installe en nous.

A l’inverse, certains passages sont agités. Ils représentent la fougue de l’orage. Cet orage, bien qu’il crée une cassure avec notre charmant paysage décrit précédemment, est essentiel à l’épanouissement de la nature. Il lui apporte de l’eau et la protège de la chaleur quand celle-ci devient étouffante. Pour les Hommes, ressentir un paysage orageux est plus difficile car soyons honnêtes, nous préférons rester chez nous lorsqu’un orage se prépare. Or la nature, elle, reste présente. La faune et la flore continuent de chercher à s’épanouir. Elles tirent le meilleur parti de l’orage. En outre ces notes ne sont pas dénuées de sens pour nous. Elles nous transmettent leur folle énergie, éveillent nos cinq sens, suscitent chez nous comme une envie de danser.

Enfin, au bout de plus de cinq minutes de peinture, il est temps pour Vivaldi de terminer son œuvre. La musique revient à l’harmonie, nous retrouvons notre doux paysage. Et tel le dernier coup de pinceau sur une toile, Vivaldi pose sa dernière note sur la partition. Le mouvement est terminé, mais on ressent cet été qui lui va se poursuivre. N’est-ce pas pour cela que notre cher compositeur a imaginé deux autres mouvements pour le concerto ?




Un tableau de contrastes
Un enfant joue au soleil –Insouciance –
L’ombre des arbres apporte la fraicheur – contraste – et le mystère.
La surface ensoleillée évoque la planète Terre,
Un chemin s’enfonce sous les bois,
Qui sont les deux personnages au loin ?
Qu’y a-t-il au bout du tableau ?
Mystère
C’est sans doute pour cela que le tableau nous retient.


Je reprends la machine à écrire : C’est une lettre à ma petite-fille intérieure. Je note :
Ne pleure plus petite-fille. Le temps passe, il efface même les gouttes de pluie sur la vitre arrière de cette voiture, lancée à pleine vitesse sur l’autoroute du retour. Laisse-toi guider par ce temps qui passe, inexorablement. Regarde plutôt le vol libre de l’oiseau dans le bleu du ciel. Car le ciel est bleu à présent. Bientôt, c’est toi qui déploieras tes bras pour imiter le vol de cet oiseau, de bon augure. Le temps efface les mauvais souvenirs. La sérénité ne peut se vivre qu’au présent.
C’est pour ça que je t’écris petite-fille : pour retrouver la sérénité bleue. Pour découvrir que la liberté mène au bonheur. Pour te montrer que le temps passe et efface même les pluies ruisselantes de ton visage.

Je reviens t’écrire, petite-fille :
Profite de cet instant. Tu flottes, étoile de mer portée par les vagues de l’océan. Tu flottes pour la première fois, tu as vaincu ta peur. Laisse toi bercer par le temps qui s’écoule lentement. Tu flottes, la tête dans l’eau, à demie. Il n’y a plus que toi et l’eau des vagues. Plus rien ne compte. Plus rien que le présent. Tu flottes, et ce soir encore, dans ton grand lit, tu te laisses bercer par le souvenir des vagues et par cet instant qui n’appartient qu’à toi.


Écrire, je ne saurais dire
Pourquoi
Laisser une trace gît en moi
Son trait, je le cherche
Son signe, je ne saurais dire
Si je le trouve
Et pourquoi vouloir
Retenir ce qui s’efface suscite en moi tant de grâces
Va savoir pourquoi
Mettre l’intimité en voix
Voie vers laquelle je tends en y dédiant en réalité que peu de temps
et voilà que maintenant je le tends, mon écrit
Le temps de le dire
Et puis j’oublie
Tant
Je l’oublie au point que les mots m’oublient
et quand ils m’ont oubliée, je me rappelle qu’à nouveau s’efface l’écrire
Qu’une voix à tant d’issue fleurisse
Un temps
Celui du Printemps
De vers
Tant rêvés
Mots exquis enfin nés
Esquissés puis balbutiés
Que je peine à dire
Que je ne peux pas dire
Que personne ne peut dire …


Elle est là. Sur son chemin, le bon chemin.
Elle est là. Elle est petite mais elle est grande, elle avance.
Elle est là. Soudain, elle regarde en arrière et voici ce qu’elle voit :

Elle voit le temps. Le temps déjà passé. Le temps qui s’était arrêté. Le temps qui repart.
Elle voit ce qu’elle a laissé. Ce qu’elle a choisi de quitter. Ce qu’elle a obligé de laisser de côté.
Elle voit, et elle entend.

Elle entend le bruit du vent, son souffle délicat.
Elle entend les notes, leur nom, et le rêve inavoué, impossible.
Elle entend le silence, puis le monde qui repart.

Elle sent aussi.
Elle sent la douceur, le réconfort, les poils de son chat.
Elle sent la sensation des cordes sous ses doigts.

Elle est là, elle voit, elle entend, elle sent, elle ressent.

Elle ressent cette tristesse au loin.
Elle ressent cet espoir qui la nourrit maintenant.
Elle ressent cette nostalgie sans savoir de quoi.

Elle est là. Sur son chemin, le bon chemin.
Elle est là. Elle ne veut pas que la vie s’arrête.
Elle est là. Elle ne sait pas où mais elle y va.

Elle franchit les obstacles et les murs.
Elle franchit les doutes infinis.
Elle franchit la peur. Peur d’échouer, peur de se tromper.

Elle sait le nom des notes, telle une poésie qu’elle aurait apprise.
Elle sait d’où vient la lumière et d’où vient l’obscurité.
Elle sait qu’elle ne sait pas tout, mais assez pour avancer.

Elle est là. Sur son chemin, le bon chemin.
Enfin.


Danse, Danse, au rythme de la pluie.
Et libre tu seras.
Rencontre l’amour et le parapluie.
Et Arc-En-Ciel tu seras. 

L’été que l’on vient de passer
Eté brulant et images choc, les nuits sont suffocantes,
On finit par s’habituer à la canicule, Et une nouvelle vague s’annonce. Alors, autant résister !
La ville est calme,
On s’endort en glissant des poches de glaces entre les draps.


Le parfum de fraisier.

L’ombre s’avance vers l’enfant assis sur un muret de pierres crayeuses. La lune lui donne un air spectral. Presque effrayant. Les rayons brumeux des réverbères s’accrochent à elle, telles des tentacules mouvantes.
Elle avance lentement. Elle a l’air de flotter.
L’enfant ne bouge pas d’un pouce. Il l’observe. Il est curieux, ou étonné, difficile à dire.
L’ombre se détache des bras des réverbères. Tantôt, l’enfant a cru qu’elle portait une longue robe.
Que non. Ce sont les pans d’un large pantalon qui bruissent et virevoltent sur des jambes qu’elle a maigres. On devine la saillie cagneuse de ses genoux.
L’enfant plisse les yeux. Il avance imperceptiblement la tête pour mieux voir cette silhouette tranchante, à travers un rond de lumière lunaire. Cette lumière semblable à celle qui suit les acteurs sur une scène de théâtre.
Des cheveux nattés, si serrés, qu’on peut croire à un serpent dévalant de son crâne jusqu’à ses reins. La tresse pend dans son dos et épouse chacun de ses mouvements.
Serait-elle pieds nus ? Ses pieds fins, aux longs orteils, effleurent la terre comme une plume. Ses pas sont courts.
Plus elle approche de l’enfant, plus son corps se dessine.
Elle est mince. Trop mince. Si bien qu’elle en devient ossue. Un coup de vent pourrait la faire ployer.
L’enfant se lève, il avance vers l’ombre qui n’en est plus une. La lune lui offre une plus large vue. Il la voit désormais. Il aimerait lui ressembler. Il espère lui ressembler.
L’enfant sourit. Des scintillements fleurissent sur la peau diaphane de la femme. Parce que c’est une femme. Il le voit bien maintenant.
Sa peau paraît mouchetée des caprices semés par le sable poussiéreux.
Quelques mèches de ses cheveux, de fins fils dorés, ont l’air de nager avec la même souplesse que les méduses.
Elle s’agenouille à sa hauteur. Autour d’eux, se répand un parfum de fraisier.
Par timidité ou peut-être par coquetterie, l’enfant incline la tête vers le sol mais ses yeux continuent d’errer sur la femme. De cette façon, il peut mieux la regarder.
Il voit nettement les narines de son nez buté, qui s’écartent quand elle inspire et encore plus quand elle esquisse un sourire. Ses pommettes sont saillantes. Son cou maigre, laisse ressortir le bleu de ses veines. Il y voit une toile d’araignée colorée. La femme effleure le visage de l’enfant. Ses mains paraissent façonnées à la hâte. La peau est rugueuse par endroit. Douce au creux de la paume, là où une cicatrice blanche la traverse. On dirait le tracé hésitant d’un chemin sur une carte. L’enfant en a une presqu’identique. L’enfant se demande pourquoi cette main lui paraît familière.
Comme si elle l’avait déjà touché autrefois. Comme s’il l’avait oubliée.

La femme veut lui dire quelque chose. Sa bouche rosée, lippue, s’entrouvre comme au seuil d’une confidence. Ses lèvres, moins rouges qu’une cerise, en ont pourtant l’éclat. Elle ne dit rien, elle dépose un baiser sur la joue de l’enfant.
L’odeur de fraise devient plus forte et elle se mélange à celle du sel marin.
L’enfant tend la main vers elle.
Il veut toucher ses joues creusées.
Mais déjà les contours du visage de la femme se troublent et se défont lentement.
Comme une aquarelle que l’eau emporte.
L’enfant allonge encore le bras.
Il croit presque l’atteindre.
Les fils d’or de sa chevelure se dissolvent.
La nuit recule de la chambre. Elle se retire par la fenêtre ouverte, vers le muret de pierres blanches, vers le sable, vers la mer.
L’enfant regarde longtemps dehors. De son lit, il aperçoit le muret de pierres crayeuses, le lampadaire à trois têtes et, plus loin, la plage déserte.
Le vent fait frissonner les rideaux.
Une larme perle au coin de l’oeil de l’enfant. Il ignore pourquoi.
Son pouce suit distraitement la fine cicatrice qui court sur sa paume.
Il lui semble avoir déjà tenu cette main.
Puis elle s’échappe.
La femme a disparu.
Lorsque l’enfant relève les yeux vers la fenêtre, la lune a revêtu une robe couleur de soleil.
Et dans la chambre persiste une légère odeur de fraisier.


La psyché humaine est complexe. Tel un nuage, une tâche nébuleuse sur la toile, les pensées forment un réseau. Toutes sont connectées. Chez la plupart d’entre nous, il y a un équilibre entre la tâche noire et la tâche blanche, entre le négatif et le positif, entre la souffrance et l’espoir.

Mais la psyché humaine est également fragile. Son environnement peut mettre à mal cet équilibre précaire et faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre.

Du côté noir, on retrouve l’obscurité, le vide. On est seul face à une réalité écrasante. C’est comme si toute forme d’optimisme n’avait jamais existé. On ne s’en rend pas compte, mais on meurt un peu à chaque seconde.

A l’inverse, du côté blanc, on retrouve l’espoir, le courage, le plaisir. On sent cette chaleur réconfortante qui vient faire fondre la glace qui nous emprisonne du côté sombre. La lumière est rayonnante, omniprésente. On se sent vivant, telle cette nature verte qui s’épanouit en été. Notre ciel est bleu, dégagé. La voie est libre pour le bonheur. Ce souffle de vie nous évoque aussi la brise légère qui vient bercer les fleurs dans le champ. Parées de mille couleurs, elles nous évoquent toutes les possibilités qui s’offrent à nous.

Or en réalité la psyché humaine n’est pas si dichotomique. Il existe un pont entre dépression et guérison. Sur ce pont, on y retrouve nos proches, ces amis qui restent dans les moments difficiles, et avec lesquels le temps passé est de qualité. On y retrouve aussi les soins l’accompagnement, la confiance. L’espoir, même s’il peut jouer à cache-cache, vit sur ce pont. Ce pont, c’est le retour à l’équilibre, c’est cette quête de soi au fur et à mesure des épreuves, c’est la lumière qui nous attend au bout du tunnel.


En début d’été, nous avons couvé des œufs de canard sauvage. Quelle riche idée ! 
Ma piscine ayant pris l’aspect d’une mare pendant à l’hiver, je la leur ai prêtée pour les voir évoluer. Non sans mal car ce début d’été était particulièrement chaud…
Je me souviendrai toujours de ces fabuleuses pêches aux canards totalement gratuites. Elles étaient aussi fatigantes qu’hilarantes. Les sessions s’allongeaient à mesure qu’ils grandissaient et apprenaient à plonger… 
Pas assez toutefois pour les laisser passer la nuit dehors. 
Car nous vivons à la campagne, dans un paradis, un rêve devenu réalité. Nous l’améliorons chaque saison. L’animal y est roi, pour peu qu’il soit courtois. Des chiens, des chats, des perruches, des poules et nous.
Et 5 canetons qui ont partagé notre début d’été. 
Aujourd’hui, nous les avons placés chez un ami disposant d’une véritable mare dans un havre de paix. Nous avons des nouvelles, et elles sont belles.
Sans compter que j’ai pu récupérer ma piscine.
Tout prêt sous l’olivier j’y ai installé ma bulle d’été. J’alterne écriture, baignade nocturne, soirée avec mes filles, mes amis et la famille.
Toutes ces belles et douces choses que nous offre l’été et que j’ai décidé d’accepter.